lundi 27 juin 2016

L'encre de vie

Pour un instant, poser l'acier sur le papier,
Inspirer puis s'inspirer, laisser courir le Temps
Là, le long de la fente qui a tant fait couler
Les soupirs des langueurs d'antan.

Respirer l'encre, reconnaître son parfum ;
Fermer les yeux, s'enivrer et tel un vampire,
Ressentir l'irrépressible sensation de faim.
Mourir de cette insatiable envie d'écrire !

Le bec de plume trempé dans l'encrier,
Voir la première goutte imbiber le vélin,
S'enfoncer avec elle, lentement se frayer
Un chemin à travers les fibres de lin...

Renaître en poème, de vers en rimes,
Côtoyer les astres, les dieux, l'univers !
N'être plus que poésie, beauté sublime,
Tatoué de mélancolie, d'absolu, d’éther.

Mais revenir, éraflé par les ratures,
Le souffle court, l'âme ébranlée
Et sur la penne déposer en murmures
Le pieux baiser du poète à sa muse dévoué.

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