samedi 11 juillet 2015

Extrait de "Lizabeth" roman érotique

...à paraître courant 2016...

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(...) Un mois n’étant pas suffisant à apprendre à jouer d’un instrument, elle avait dû faire l’impasse sur la harpe avec beaucoup de regret, mais comblait ses doigts le soir venu quand sur le sexe de Julia elle jouait d’une toute autre musique, sur de très sensibles cordes…

C’est d’ailleurs tout en poétique musique qu’un soir, après que Julia ait terminé de l’habiller pour la nuit et natter la longue chevelure blonde de Lizabeth, que cette dernière fit s’allonger la domestique sur son lit qui prétextait avec une moue coquine qu’il faisait bien froid déjà. L’hiver était à quelques pas mais cette chambre fermée à double tours contenait un début de canicule. C’était Lizabeth qui rayonnait sur Julia, la faisant fondre de désir sans même la toucher. Elle était si charismatique, comme constamment couverte de suggestions ! Son corps semblait être la métaphore des plaisirs interdits et sa bouche paraissait sans cesse soupirer des invitations. Elle s’allongea à ses côtés, effleurant du revers de la main la coiffe de son uniforme qu’elle fit descendre de sa chevelure, en libérant la brune épaisseur de quelques épingles. Les doigts qui massaient l’arrière de son crâne étaient déjà comme une promesse.

« Connais-tu François de Malherbe, Julia ? demanda-t-elle en déboutonnant sa robe pour révéler un corsage à dénouer.
- Non, Mademoiselle… soupira-t-elle
- C’est un poète du siècle dernier, poursuivit Lizabeth en jouant avec le lacet qui dévoilait peu à peu la généreuse poitrine de sa domestique. Il a écrit un poème que l’on appelle un sonnet selon sa forme particulière, et ce sonnet parle de la beauté de Caliste. Qu’il n’y a rien de plus belle qu’elle… »
Julia écoutait à peine, gémissant brièvement lorsque sa maîtresse alla de la langue effleurer le sommet de son sein qui n’appelait que le plaisir. Lizabeth continuait sa leçon de poésie à sa docile élève qui n’entendait là que des mots sans signification, bercée par la sensualité de son professeur qui la chevauchait sur une jambe à présent, ayant défait elle-aussi un lien sur sa chemise de nuit qui lui descendait sur les hanches.
« La clarté de son teint n'est pas chose mortelle, déclama-t-elle en baisant la rondeur de ses seins. Le baume est dans sa bouche, et les roses dehors. »
Sur ce vers, elle perça le rempart de ses lèvres pour que sa langue rencontre la sienne et de sa main experte, alla exercer une légère pression sur son pubis chaud et humide.
« Oh, Mademoiselle ! gémit Julia en soulevant son bassin. »
« Sa parole et sa voix ressuscitent les morts, reprit-elle en la pénétrant d’un doigt. Et l'art n'égale point sa douceur naturelle. »
De son autre main elle la caressa du menton jusqu’au gonflement de sa poitrine qu’elle enroba de sa paume, laissant la douceur de son pouce exciter un mamelon durcissant.
« La blancheur de sa gorge éblouit les regards, Amour est en ses yeux, il y trempe ses dards, soupira-t-elle en invitant son index à rejoindre le majeur déjà présent dans son pluvieux Eden. Et la fait reconnaître un miracle visible. En ce nombre infini de grâces, et d'appas. »
Elle souleva le jupon que la robe déboutonné n’avait pu libérer, y engouffra le visage et saisi le joyau de chair entre ses lèvres, l’embrassant de sa langue inquisitrice qui savait tous les recoins des plaisirs les plus intenses. Julia tentait de retenir ses cris, elle s’en mordait la main, s’en griffait les côtes, mais l’orgasme, plus fort que la peur d’être entendue, éclata en un millier de soupirs venus d’en bas et libéra une superbe plainte pleine de merveilleux. Lizabeth se nourrissait de ce cri comme d’un met exquis puis s’essuya élégamment la bouche sur les tissus froissés. Tout en remontant lentement vers le visage rougie de sa soumise domestique, elle lui glissa au creux de l’oreille :
« Qu'en dis-tu ma raison ? crois-tu qu'il soit possible D'avoir du jugement, et ne l'adorer pas ? »



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