vendredi 11 août 2017

Luciola Lusitanica

Dieu, est-il possible d'aimer à ce point ?
Je me sens devenir une petite luciole
Qui rêve qu'elle est une femme - Peau de satin
Contre peau de lampyre - amoureuse d'une idole. 

Mes songes ne renvoient qu'une faible lueur,
Solitaire vers dans de ténébreuses abîmes, 
Alors qu'au réveil, tout éclate de splendeur,
D'onirisme, l'amour ​s'incarne par le sublime !

N'est-ce plutôt pas la vie que l'on dit terne
​Et les songes colorés de merveilleux ?
Si je ne me trompe, je pense donc être une lanterne
Rampant dans l​a nuit, rêvant du fabuleux !

D'où vient ce pouvoir qui nous fait adorer ainsi ?!
S'il existe, cet homme, ce géant bâtisseur de forteresses
Faites de papier Ganpi, aux murs de soie peints de sumi,
Je succomberais malgré moi à son aérienne caresse...

Lui, miracle de ma vie, que j'admire et contemple,
Les yeux bleus d'amour sous les paupières closes,
Les cils perlés de sel, ce sel moins salé que son Temple,
Ce corps chaud et pluvieux qui du miens dispose. 

Je suis bien peu de choses ! Tellement peu...
Face au sage qu'il incarne, au tendre fou qu'il est !
Ma Lumière, mon Âme, mon Astre, mon Feu
Sacré, Purifiant, Rassurant, au brûlant baiser...

Mais l'aube venant, j'interroge l'Univers :
Ce rêve est-il ma vie, notre histoire ?
Cette nuit où l'insecte se meurt sans sa lumière
Serait-elle la conscience qui s'exalte et s'égard ?

Le souffle divin emporte mes doutes et soupirs,
Glissant le drap du matin sur nos corps endormis.
Il n'y a ni homme ni femme ou triste lampyre, 
Rien que des Dieux enlacés, émergeant de la nuit. 

samedi 22 juillet 2017

L'Absolu

​Il désirait devenir le meilleur de mes amants.
C'est avec la plume qu'il me demanda comment y parvenir, 
Mais je n'eu nul besoin de guider ses gestes lents, 
Car c'est avec son coeur qu'il finit par le devenir. 

Il me survola. 

​Comme ​un Ciel chargé de pluie
Effleurant les cimes brumisées de baisers,
Il modelait les nuages à son envie, 
Tantôt verge, tantôt verbe soufflant sur le brasier !

Il avait sous les mains le livre de ma vie,
Et de ses doigts caressants, doux et agiles, 
Il en tournait les pages condamnées à l'oubli, 
De jouissances en lents battements de cils...

Ses lèvres étaient d'or, son sceptre de platine !
Sur la soie de sa peau tissée d'éclairs, 
S'imprimaient des fresques Byzantines...
Tandis que ses iris d'hypersthène viraient au vert.

Comme un Dieu, il ensemençait mon âme. 
En moi se dessinaient des landes, des océans, 
Des rêves, des cieux et des fleuves en flammes, 
Nés de ce Magicien, cet inégalable Amant !

Ailé de patience, cet Ange était l'amour incarné. 
Parfumant de poésie notre immaculé sanctuaire, 
Il déclamait le soupir, composait la beauté, 
Offrant au Plaisir les plus pénétrantes prières...

Je n'ai de cesse de chérir son existence, de l'adorer.
D'étreintes, en rimes, en âmes entres elles cousues, 
J'ai épousé dans un plein abandon l'infini, l'éternité.
L'Absolu. 

vendredi 16 juin 2017

Nos ailes

Peinture intuitive - Musique : Indila, majeur partie de l'album "Mini World"
Toile ronde - diam. 29 cm



CLIQUEZ SUR LA PHOTO POUR AGRANDIR

Astral Eden

Peinture intuitive, réalisée pour mon Gabriel.
Naïf naïf mais ce n'est que ma deuxième ! 😅 
Papier Canson coloré turquoise, 24x32, 180 gr.
Réalisée en écoutant l'album "Victoria Land" des Cocteau Twins.



CLIQUEZ SUR LA PHOTO POUR AGRANDIR

L'oiseau des nuées

Ma première peinture intuitive 💖
Acrylique au doigts + pinceau sur les détails.
Toile 50x50cm. Réalisée en écoutant "Voice of the living light" de Hildegarde de Bingen.




CLIQUEZ SUR LA PHOTO POUR AGRANDIR

Florilèges de dessins

CLIQUEZ SUR LES DESSINS POUR LES AGRANDIR

En collaboration avec Gabriel Leroy, pour la colorisation :

Dahlil, dragon d'Uropÿa, première version...
L'oiseau racines, d'Utopyä

Elrazil, l'oiseau des mers, d'Utopÿa
Thunderbird, d'Utopÿa

Le bosquet bleu, d'Utopÿa


Aquarelle retouchée sur Photoshop : 

L'effroi d'Univers face au maux de la Terre


jeudi 29 septembre 2016

Les amants dans le ciel


" Sur la mer de nuages j'ai vu le soleil épouser l'orage, comme s'il n'existait plus qu'un monde dans lequel tout se faisait l'amour, dans le sublime, dans le sacré. Surgissant des vapeurs colorées d'ocre, c'était Toi, venant vers Moi, rimant vers Nous..."

Une silhouette se détacha de l'onirique tableau, se transformant d'ombre en créature vêtue de pluie, un faiseur d'averses et de moussons.
Il avançait, une main tendu​e​ vers la Muse faite de brume. Ses doigts vaporeux saisirent les filets d'eau, plongeant vers la paume sur laquelle était gravé leur ​commun ​destin. Lentement, les éléments se mirent à danser, et de la terre, on ne voyait rien de cet amoureux spectacle.

" Magie des mots d'une âme virtuose. Dieu que je t'aime...
- Toi le seul Dieu que j'aime...
​​- ...et la Lumière créa un dieu. Mon miracle, rien ne t'égale, ne t'approche, tu as pour sang la poésie !
- Mais c'est là chair de ton amour que je revêt.
- Divine incarnation ! L'éther de mon extase pour épiderme."

Leur chant sentait l'orage et le vent ;​ la traîne de la nuageuse robe serpentait entre les collines bercées par les dernier​s​ rayons d'un soleil mourant.

" J'aime cueillir tes mots pour les offrir à ces nocturnes cieux. Chacun d'eux devient étoile, chacune d'elle éclate d'une beauté sans pareille. L'univers est chargé de tes mots quand j'observe la voûte céleste.
- Si je pouvais en faire autant...
- Tu es cueilleur d'extases, ta pluie ruisselle sur nos amours...​"​

La nuit fondit sur eux sans un bruit, obscurcissant l'éclatante et cotonneuse robe, rendant l'homme de la pluie invisible. Ils se savaient, se rêvaient, se frôlaient, mais ne se voyaient.

"Mon Amour... Et si demain le soleil ne revenait pas ?
- Alors Soleil je serais et Lune tu deviendras​...​"

Cette nuit là, les toits ruisselèrent de soupirs, frappés par l'ardeur d'un orage à la violente douceur.

lundi 27 juin 2016

L'encre de vie

Pour un instant, poser l'acier sur le papier,
Inspirer puis s'inspirer, laisser courir le Temps
Là, le long de la fente qui a tant fait couler
Les soupirs des langueurs d'antan.

Respirer l'encre, reconnaître son parfum ;
Fermer les yeux, s'enivrer et tel un vampire,
Ressentir l'irrépressible sensation de faim.
Mourir de cette insatiable envie d'écrire !

Le bec de plume trempé dans l'encrier,
Voir la première goutte imbiber le vélin,
S'enfoncer avec elle, lentement se frayer
Un chemin à travers les fibres de lin...

Renaître en poème, de vers en rimes,
Côtoyer les astres, les dieux, l'univers !
N'être plus que poésie, beauté sublime,
Tatoué de mélancolie, d'absolu, d’éther.

Mais revenir, éraflé par les ratures,
Le souffle court, l'âme ébranlée
Et sur la penne déposer en murmures
Le pieux baiser du poète à sa muse dévoué.

jeudi 24 mars 2016

Possédé


Par trois fois, sous ma langue tu jouiras.
C'est ce que veut le Diable, ma douce,
Et je m'exécuterais, il en va de soit !
- Damné suis-je, par ta chevelure rousse. -

Il est présent dans chacun de nos baisers,
Sous chacune de nos brûlantes caresses,
Et lorsque fou d'amour, je meurs de te pénétrer
C'est lui qui enfle de désir et se dresse.

Je suis le Fils de la Nuit, le loup noir
Posté à l'orée de ton plaisir,
Gardien de tes souffles, je suis le Miroir
Qui reflète et exauce tous tes désirs...

Par trois fois, sous ma langue tu jouiras,
Au nom du vers, qui tisse, et du Sein Soupir.
Amen.

mercredi 9 mars 2016

Souvenir de l'ailleursonges

Par delà les rêves, à la limite de l'ailleursonges,
Sur un muret de vieilles pierres dressé là,
Au milieu de rien, se tenait perché, flamboyant,
Presque aveuglant, un Phoenix des Songes.

Sans ouvrir le bec, immobile, il me demanda :
"Belle de nuit, que t'importe cette frontière ?
Le rêve ne te suffit-il donc plus pour que tu sois
Si dangereusement loin de l'éclosion des paupières ?"

Sa lumière s’intensifia, éclairant tout autour de lui,
Comme les secrets d'un bureau à la flamme d'une bougie.
Autour du muret, se dévoilait une plaine perlée d'eau de pluie
Qui me rappelait la campagne Anglaise et sa poésie.

J'avais mille réponses possibles à lui donner,
Mais pour chacune d'elles j'avais la sagesse
D'une solution,une sorte de logique appliquée
Permettant de ne pas succomber à la détresse.

Je répondais donc un banal "Je ne sais pas..."
Soupirant de toute mon âme pour extraire
Quelques points de suspensions maladroits.
Ces mots envolés, je ne voulais plus que me taire.

Il déploya l'une de ses ailes m'invitant à y loger
Et c'est sans faire de façon que je me recroquevillais
Dans la chaleur douce de ce duvet pourtant enflammé.
J'avais la douleur aux tripes et je frissonnais.

"Qu'est-ce que tu ne digères pas ?
- J'ai mangé un cauchemar.
- Pourquoi ne pas le vomir ?
- J'ai besoin qu'il me traverse."

Je sentais les plumes de l'oiseau se soulever
A chacune de ses inspirations, son coeur battre,
Et comme un enfant triste, je laissais couler
Mes larmes sans vouloir les combattre.

" Qu'est-ce que tu attends ici ?
- Je suis le gardien de l'ailleursonges.
- Tu es bien seul...
- En paix, on ne l'est jamais."

Il m'expliqua qu'en lui il y avait un jardin
Avec mille et unes sources et fontaines,
Et des êtres joyeux dînant de festins
Composés de Gratitude et de graines.

Il baignait la nuit dans ces eaux puis s'en allait
Frôler de ses plumes, le soleil à son lever,
Saupoudrant sur les champs et forêts
Des étincelles de joie, de sérénité.

Il me dit qu'en lui les étoiles sont nos sourires,
Dans notre monde de chair, de sang et d'os,
Qu'aucune d'entre elles ne peuvent mourir
Tant que vivra la Reine Ophioglosse.

Cette Dame Sans Couture à la fière allure
Lui avait poussé au coeur un jour de pluie,
Léchant de sa langue de serpent la blessure
Né du drame qu'un jour il douta de lui.

Elle lui murmura qu'elle serait toujours là,
Petite voie protectrice des jours tristes
Qu'elle illuminerai son ciel de nos joies
Car le bonheur, ici ou ailleurs, c'est d'être altruiste.

Sa voix s'éteignit laissant place à un râle :
C'était moi, qui souffrait du cauchemar,
Lequel se contorsionnait, ruait, infernal.
"Il va mourir de soif, laisse-le boire..."

Face à mon silence, il reprit, tout bas :
"Un cauchemar n'est pas un ennemi,
Il n'a absolument rien contre toi...
Pas plus qu'un rêve n'est un ami.

Il t'aide à poursuivre ta belle existence,
Te montrant quoi améliorer, où te diriger.
Il n'est qu'une ombre dans ton expérience,
Qui donne du relief à ton passé.

Plutôt que de taire son message, par peur,
Pourquoi n'écoutes-tu pas ce qu'il a te dire ?
Il ne parle certes pas ton langage, mais ton coeur,
Lui, saura clairement le traduire..."

Proposant une trêve à mon prisonnier,
Qui accepta en cessant de s'agiter,
Je me dégageais de sous mon hôte ailé.
Expirant, je laissais une fumée s'échapper.

La bouche vide - autant que le 💖 -
Je contemplais à contre 💖 un souvenir :
Beau et cruel, fait d'amour et de rend-💖.
"Ton 💖, demande à ton 💖 de traduire..."

Le souvenir s'agita, tendant vers moi ses griffes,
Qui me firent l'effrayant effet de l'âme de rasoir.
Mais... l'oiseau n'avait-il pas dit
"Il va mourir de soif, laisse-le boire..." ?

Subitement, tout prenait un sens.
Cette ombre avait soif de lumière !
"Viens-tu vers moi comme je le pense,
Chaque nuit, pour rejoindre mes rivières ?

Suis-je moi aussi comme ce gardien de feu,
Habitée par la beauté d'un onirique univers
Où coulent des eaux purs, où des êtres fabuleux,
Ivres de joie, à l'Abondance lèvent leur verre ?"

Le cauchemar sourit, ouvrant sa gueule noire.
"Tu te réveilles toujours quand je veux parler,
Tu fuis sans cesse parce que je suis un miroir
Trop imparfait qui t'as souvent fait pleurer...

Pourtant, il me faut boire à ton eau de sagesse,
Baiser la surface, y laisser un peu de moi...
En y buvant, je peux tout te dire, chère poétesse,
Et ainsi t'aider dans tes choix.

Tu as tant à apprendre encore, ici ou au-delà,
Je ne suis pas ton ennemi, non, je ne suis...
Qu'un Regret duquel tu ne te défais pas
Parce que tu voudrais que rien ne soit fini.

Mais saches, Belle de nuit, que gagner l'ailleursonges
Ou écorcher les cauchemars n'apaisera jamais
Et la torture du regret et la douleur du songe.
Rêver fait autant mal que vivre, tu sais..."

Tandis qu'il parlait, j'ouvrais la porte de mon âme,
Découvrant les merveilles qui l'habitait,
Et dans un soupir, je l'invitais à pénétrer cette âme
Pour lui permettre de me dire ce qu'il savait.

Lorsqu'il posa ses lèvres sur l'eau limpide,
Je tombais sous l'énergie d'un choc terrible,
Me sentant inexplicablement triste et languide.
"Je ne suis qu'un Regret,cela me rend pénible".

L'oiseau de feu replia ses ailes sur lui-même.
"Maintenant il vit en toi, dans ta part d'ombre.
Il voulait tout simplement te dire qu'il t'aime,
Comme avant, bien avant les jours sombres...

Te dire que vos partages ont changés ta vie,
Que d'autres êtres le feront encore et encore,
Jusqu'à ce que tu rejoignes l'ailleursonges, ici,
Juste sous mon aile, là où tu pleurais alors.

Mais il n'est pas l'heure..."

vendredi 8 janvier 2016

Solitude face à la mer


Oui, peut-être est-ce sur les cailloux taillés par la mer
Que je me suis écorchée jusqu'au coeur... C'est si vague.
Je me souviens de l'horizon, du froid, du rivage désert,
Du ciel renversé, de ses nuages recouverts d'algues.

A mesure que je veuille bien me souvenir de cela,
Je revois un rouleau gigantesque me jeter sur les galets.
Au palais du Tempo Fugit on sonnait le glas :
Au soleil couchant, une sirène blanche mourrai.

Le froid de l'absence ne meurtri pas mes chairs,
Pas plus que le vent cinglant rappelant mon exil.
Mais la perte de ma nageoire, je ne saurai le taire.
Couleur de givre, immense, elle était belle et labile.

Sur la mer un chant mélancolique toujours monte,
Les choeurs, dans la tempête, parlent de saccage,
Tandis que des voix plus mélodieuses racontent
Les jours de soleil, la beauté d'un certain visage.

J'aurai préféré la mort à cette étrange survivance
Dans ce monde si vaste à la poésie si terne.
Condamnée à l'errance, seule en souffrance,
Je repense au feu de ma gueule, à ma caverne.

J'y avais laissé une écaille marine offerte par celle
A qui j'avais promis de toujours revenir au couchant,
C'était avant que la rime ne change mes draconiques ailes
En nageoire, ma raison en folie, mon coeur en néant.

Que faire de ces jambes qui ne mèneront qu'à la lande
Où le sel et l'écume manquent aux poètes romantiques ?
Dans mes cheveux sommeillent encore tant de légendes...
Mais le sang de l'écorchure a ruiné mon carnet onirique.

Immobile, je fais face à l'eau qui monte et redescend,
Le coeur violenté par le rejet de ces eaux adorées.
Après ces années, que puis-je bien écrire maintenant ?
Je ne peux plus voler, ni nager. Encore moins oublier.

mercredi 16 septembre 2015

Mademois'Hell Aspho

Vous a-t-on dit combien vous ressembliez
A ces nymphes à moitié nues qui, nageant
Dans le bassin-aux-oiseaux, sans se méfier,
Attisent l'ardeur de quelques galants ?

Vous rougissez et pourtant ne devriez !
La nature devrait se parer de miroirs
Sur tous les chemins que vous arpentez
Afin que vous puissiez par vous-même le voir.

Votre sourire à ses propres mots,
Et nos yeux leurs répondent avec émoi.
Ah ! Comprenez, ma si tendre Aspho
Qu'il m'est difficile de ne pas avouer cela !

De votre blanche gorge à votre corsage
Se dessine un véritable chemin de croix
Quand mes mains esquissent en un mirage
La caresse que je vois et qui n'existe pas !

Lorsque mon regard ne croise pas vos verts iris,
J'erre en vain dans la plaine des Asphodèles,
Vous imaginant l'infernale enfant de Thétis !
Je rêve, je fantasme, mais ces rêves sont mes ailes !

Je vous rêve, oui, je vous rêve...

L'élégance de la souffrance

Mademoiselle de Givre sur son lit, allongée,
Contemplait l'aube par la fenêtre ovale
De sa chambre, écoutant dehors les oiseaux chanter.
Dieu peignait l'horizon en vert et bleu pâle.

Flottait dans ses pensées une douce quiétude,
L'absence de questions, la paix intérieure
Qu'alimentait cette si sublime certitude
D'exister pour nourrir la légende du bonheur.

Par la fenêtre entrebâillée, un Souffle messager
S’immisça et vint déposer sur les draps rabattus,
Près de sa main, une petite enveloppe cachetée.
Elle contenait le pernicieux insecte de l'Amour Déçu.

Sans crier gare, dans la beauté du petit matin,
Entre ces quatre murs aux meubles patinés,
Mademoiselle de Givre fut victime d'un venin
Injecté à même le coeur via un dard fort aiguisé.

Si ce n'était le miroir de son âme tourné vers l'inconnu
Rien n'avait changé ; elle était toujours aussi magnifique,
Allongée là, chevelure en cascade, épaule nue.
Sa respiration faussement sereine soufflait le tragique.

Une si petite piqûre... Trois fois rien, mille fois trop.
Lentement le poison l'envahissait, infectant son sang,
La brûlure du dard devenait lame de couteau,
Et tournait, fouillait, torturait ce coeur aimant.

Une larme orpheline hurla, demandant pourquoi ?
Mais tous restèrent silencieux. Le messager,
L'insecte, Dieu. Tous ignorèrent la belle aux abois
Et des heures, des jours durant, on l'entendit souffreter.

Mais une nuit, Mademoiselle de Givre enfin se tut, vidée.
Éclairée par la magie multicolore d'une aurore boréale,
Elle se leva, alla contempler son visage et se dit : "C'est assez !"
Deux simples mots qui mirent fin à une éternité de râles.

Certes l'insecte et le messager trouvèrent ainsi la mort
Mais là n'est pas le drame de notre histoire...
Car Mademoiselle de Givre, exsangue, vivait encore...
Toutefois sans plus de coeur et donc sans espoir.

Alors sur ses plaies glacées elle appliqua un rayon de lune,
En lieu et place de feu son coeur, déposa le cachet de cire,
Et son esprit ravagé par cette maladie si commune
Nommée "Douleur d'Aimer", mit aux fers les souvenirs.

Depuis lors, l'on a froid quand viennent ces maux
Car Mademoiselle de Givre, du baume de lune
Plein les mains, s'en vient nous panser l’ego
En murmurant inlassablement : "N'ayez nulle rancune."

samedi 25 juillet 2015

A la mémoire de nos eaux

​Ô ma Belle, ma si Royale et Majestueuse Reine !
Ce jour là j'étais à vos pieds, vaincue, conquise,
Tremblante sous les puissants jets de cette fontaine.
Le monde et les rêves vacillaient tant j'étais éprise. 

A l'improvisade, je vous avais écris quelques vers, 
Quelques fragiles rimes, et l'encre se tâchait de l'eau
Qui jaillissait sur ces mots destinés à vous plaire.
Votre sourire l'avoua. Ah ! Comme il était beau !

Mon coeur serré d'amour, éclata en un soupir
Et mes lèvres épuisées se posèrent sur les vôtres. 
Mes lèvres, sur le couchant de votre sourire
Embrassaient l'être, l'âme, l'Autre. 

L'après, je ne le sais plus. J'ai profondément aimé,
Et toute ma vie se relia à la vôtre par des rubans
Chargés de lyres, de plumes, d'algues et de clés, 
De sable, d'anneaux, de roses, de rêves d'enfants !

Je ne sais que les aujourd'hui bercés par vos mots.
Statue de sel sur la grève, le regard vers l'horizon, 
Chaque année nouvelle est une vague sur ma peau
Lissant mes formes jusqu'à disparition. 

Vous me reprendrez ainsi que la mer. C'est certain.
Vague après vague, je m'épuiserai sur le rivage
Pleurant nos larmes partagées grâce aux embruns, 
Et la toute dernière, ourlée d'or, portera votre visage.  




dimanche 19 juillet 2015

"Eminé" de Renée Vivien

Voici une nouvelle collaboration avec Kryss K. dans le cadre du projet de notre hommage à Renée Vivien. Déclamation par votre dévouée sur la musique "A night at Lesbos" de Kryss K.

jeudi 16 juillet 2015

"Paroles à l'Amie" de Renée Vivien

Voici une nouvelle collaboration avec la talentueuse Kryss K, qui a composé la musique et réalisé la vidéo de cette oeuvre en hommage à Renée Vivien... J'y déclame le poème "Paroles à l'Amie".

samedi 11 juillet 2015

Extrait de "Lizabeth" roman érotique

...à paraître courant 2016...

***

(...) Un mois n’étant pas suffisant à apprendre à jouer d’un instrument, elle avait dû faire l’impasse sur la harpe avec beaucoup de regret, mais comblait ses doigts le soir venu quand sur le sexe de Julia elle jouait d’une toute autre musique, sur de très sensibles cordes…

C’est d’ailleurs tout en poétique musique qu’un soir, après que Julia ait terminé de l’habiller pour la nuit et natter la longue chevelure blonde de Lizabeth, que cette dernière fit s’allonger la domestique sur son lit qui prétextait avec une moue coquine qu’il faisait bien froid déjà. L’hiver était à quelques pas mais cette chambre fermée à double tours contenait un début de canicule. C’était Lizabeth qui rayonnait sur Julia, la faisant fondre de désir sans même la toucher. Elle était si charismatique, comme constamment couverte de suggestions ! Son corps semblait être la métaphore des plaisirs interdits et sa bouche paraissait sans cesse soupirer des invitations. Elle s’allongea à ses côtés, effleurant du revers de la main la coiffe de son uniforme qu’elle fit descendre de sa chevelure, en libérant la brune épaisseur de quelques épingles. Les doigts qui massaient l’arrière de son crâne étaient déjà comme une promesse.

« Connais-tu François de Malherbe, Julia ? demanda-t-elle en déboutonnant sa robe pour révéler un corsage à dénouer.
- Non, Mademoiselle… soupira-t-elle
- C’est un poète du siècle dernier, poursuivit Lizabeth en jouant avec le lacet qui dévoilait peu à peu la généreuse poitrine de sa domestique. Il a écrit un poème que l’on appelle un sonnet selon sa forme particulière, et ce sonnet parle de la beauté de Caliste. Qu’il n’y a rien de plus belle qu’elle… »
Julia écoutait à peine, gémissant brièvement lorsque sa maîtresse alla de la langue effleurer le sommet de son sein qui n’appelait que le plaisir. Lizabeth continuait sa leçon de poésie à sa docile élève qui n’entendait là que des mots sans signification, bercée par la sensualité de son professeur qui la chevauchait sur une jambe à présent, ayant défait elle-aussi un lien sur sa chemise de nuit qui lui descendait sur les hanches.
« La clarté de son teint n'est pas chose mortelle, déclama-t-elle en baisant la rondeur de ses seins. Le baume est dans sa bouche, et les roses dehors. »
Sur ce vers, elle perça le rempart de ses lèvres pour que sa langue rencontre la sienne et de sa main experte, alla exercer une légère pression sur son pubis chaud et humide.
« Oh, Mademoiselle ! gémit Julia en soulevant son bassin. »
« Sa parole et sa voix ressuscitent les morts, reprit-elle en la pénétrant d’un doigt. Et l'art n'égale point sa douceur naturelle. »
De son autre main elle la caressa du menton jusqu’au gonflement de sa poitrine qu’elle enroba de sa paume, laissant la douceur de son pouce exciter un mamelon durcissant.
« La blancheur de sa gorge éblouit les regards, Amour est en ses yeux, il y trempe ses dards, soupira-t-elle en invitant son index à rejoindre le majeur déjà présent dans son pluvieux Eden. Et la fait reconnaître un miracle visible. En ce nombre infini de grâces, et d'appas. »
Elle souleva le jupon que la robe déboutonné n’avait pu libérer, y engouffra le visage et saisi le joyau de chair entre ses lèvres, l’embrassant de sa langue inquisitrice qui savait tous les recoins des plaisirs les plus intenses. Julia tentait de retenir ses cris, elle s’en mordait la main, s’en griffait les côtes, mais l’orgasme, plus fort que la peur d’être entendue, éclata en un millier de soupirs venus d’en bas et libéra une superbe plainte pleine de merveilleux. Lizabeth se nourrissait de ce cri comme d’un met exquis puis s’essuya élégamment la bouche sur les tissus froissés. Tout en remontant lentement vers le visage rougie de sa soumise domestique, elle lui glissa au creux de l’oreille :
« Qu'en dis-tu ma raison ? crois-tu qu'il soit possible D'avoir du jugement, et ne l'adorer pas ? »



lundi 6 juillet 2015

Sunt lacrymae rerum

Je ne sais plus rimer.
  Ma plume a démissionné
    Et l'encre en pleurant,
      fait tomber trop de pluie sur le pigment.

        Les mots se perdent. 

Que reste t-il de ces amours ?
  J'ai tant aimé que je ne sais
    si j'ai vraiment jamais aimé...

J'ai adoré. 
[Beaucoup]. 

J'ai soupiré et tant saigné...
    Puis j'ai oublié [un peu].
      Au nom du Coeur.
                                    Par espoir.
                                                     Je crois.
                                                     Pour mon coeur oui, en tout cas.

Pour qu'un jour peut-être,
    je l'entende battre contre le tien.
[le songe est un refuge]

Dis moi que tu m'aimes, ô tragique comédien !
Dis-le moi avant la faux..  

Tes bras manquent à mon sommeil
  et, depuis l'absence,
    si tu savais comme j'ai froid !


+ + + + + +


lundi 8 juin 2015

Ces fragments d'éternité



Voler au temps dévoreur de rêves
                           Des instants d'amour.

Puis se languir...
                          ...soupirer...

Et se languir en corps.

Imaginer un baiser.
S'écorcher le coeur
                                du bout des lèvres.

Et souffrir. Au supplice.
De ses délices.

Murmurer l'Autre.
Le réinventer.

Et languir, languir...

Serrer les chairs, s'étreindre seuls.
~ Suffoquer ~

Voler au temps soul de souvenirs
                                 La magie de l'instant

Et se languir,
                      ...tellement
                                           TELLEMENT encore...

*                        *                        *


vendredi 5 juin 2015

Dans les bras de Morphée...

[ conte érotique ]

Morphée vient à moi comme la Mort, par derrière, en silence et d'élégante façon. Un baiser sur la nuque, la main sur l'épaule, le ventre contre mes reins, c'est ainsi qu'il se fond en moi et me possède sans que je n'en devine rien. Seul maître de mon bateau ivre, il me transforme au gré de ses envies, me matérialisant dans son royaume des Songes. 
Tantôt Dame de Coeur, tantôt enfant des bois, il fait de moi le fantasme qui lui plaît, nuit après nuit, au rendez-vous des Songeurs de Lune.

Une blanche nuit, alors qu'un grand rassemblement avait lieu au sommet de mon esprit encombré - pleins de Peut-Etre et de Pourquoi, ces lutins qui ne s'écoutent jamais ! -, Morphée vint me trouver. Son baiser dû se faire insistant pour que je le rejoigne et il dû me promettre une robe de moire à galons d'eau pure et une parure de pierres mouvantes. Devenue déesse selon lui, j'acceptais de le suivre pourvu qu'on laisse à leurs affaires ces lutins bavards !
Il m'emmena donc au bord d'un lagon qui n'en avait que l'apparence, car l'eau était une immense prairie de fleurs d'étoiles, ondulantes, chatoyantes, aux reflets fantastiques donnés par un éclatant mais froid soleil. Tout autour, les falaises et rochers qui enfermaient cette beauté étaient les deux jambes, immenses, d'une femme-forêt. Ses pieds arqués comme ceux d'une ballerine pointaient vers l'horizon d'où naissaient les fleurs d'étoiles. Envahissant progressivement le lieu enchanté, elles embrassaient les mousses chaudes et humides qui habillaient l'entre-cuisse végétal. Se dégageait de cet antre ouvert l'envoûtante et particulière odeur du sel, flottant là tout autour de nous, invitant inéluctablement à l'ivresse...
Il n'y avait en cette caverne qu'une entrée. Ni plafond, ni sol ; les parois inexistantes étaient remplacées par le vide absolu, l'espace infini, noir, avec vue sur des nuées d'étoiles de toutes les couleurs ! Ni ciel, ni terre, rien qu'un parterre de pétales scintillants, gigantesque, qui se gonflait pour inspirer et perdait de son volume pour expirer. 
C'était le poumon du rêve, la respiration d'Utopÿa. 

Attirée par ce souffle divin, déstabilisée par la douceur de ce tapis irisés, je tombais à genou emmenant Morphée dans ma chute, contre mon dos. Ses lèvres effleurèrent ma nuque et je m'endormis dans ce rêve. Je rêvais alors que j'étais un homme qui rêvait qu'il était un papillon, comme cet empereur Chinois qui au matin se demandait s'il n'était pas plutôt un papillon qui rêvait qu'il était un homme. 
Aussitôt mes yeux se rouvrir sur la féerie du poumon merveilleux et Morphée m'apparu, superbe au-dessus de moi, qui me pénétrait comme s'il habillait sa verge de délice. Instant sacré. Les ondulations du parterre offraient à mon corps des mouvements inconnus qui m'empêchait de capturer mon amant tout en l'avalant plus loin ensuite. De ma parure, de ma robe de moire il ne restait plus que les galons d'eau coulant en rivières chaudes sur ma peau nue, brûlant sous la caresse de ce dieu amoureux. Nos corps se soulevaient et retombaient au rythme même de nos propres respirations, les pétales pigmentaient nos épidermes devenus argentées, jusqu'à renvoyer nos reflets de supplices. 

Pour flatter mon sein il avait rendue sa langue fourchue afin d'en saisir le bout, dur et tendu tandis que son sexe, à la fois tendrement et puissamment, allait et venait dans une danse effrénée à faire jouir mille vierges en un concert de hurlements. Nos bouches se cherchaient sans cesse pour s'accrocher à cet indéfinissable moment, ses cheveux d'or se nouaient aux miens tressant une corde lancée vers l'extase, toujours plus longue, toujours plus fine sur laquelle le roi orgasme glissait en gémissant sans aucune retenue. Nos doigts se croisaient, les dos se cambraient, tout de nous étincellait dans une vive et pure lumière blanche dont l'énergie nous portait au sommet du plaisir dans une vibration infernale qui fit soudainement éclater le rêve en une poussière opaque recouvrant tout autour de nous. 

Seuls, enlacés dans le néant et privés de la vue, nous décidâmes de n’être plus qu'un pour ne pas se perdre dans le chaos des coeurs emballés. C'est donc en caresses d'eau que nous redessinions notre corps, unique, l'un dans l'autre et que jusqu'au réveil, inlassablement, j'empruntais sa main pour retrouver en moi la magie de ses doigts. Et c'est avec chaque souffle d'un solitaire plaisir que nous reconstruisîmes le poumon du rêve, redonnant leur parfum salé aux fleurs d'étoiles...

Etais-je une femme qui rêvait qu'elle était une déesse ?